Simulateur Électoral Québec

Regards sur la campagne

Analyses

Les mouvements dans les sondages, les courses régionales et les circonscriptions à surveiller.

8 octobre 2026

Projection127: L'analyse! Où nous sommes nous trompé

66 sièges pour le Parti québécois. C'était notre projection finale. Les électeurs lui en ont accordé 59. Sept sièges de trop, et surtout une majorité qui ne s'est pas matérialisé.

Lundi le 5 octobre, après des mois de travail, nous fait notre projection électorale. Après avoir compilé les sondages, étudié les résultats historiques, intégré des données régionales et tenté de tenir compte des particularités de chacune des 127 circonscriptions.

Deux jours plus tard, le résultats des votes raconte une tout autre histoire.

Il serait facile de souligner que Projection 127 a correctement identifié le parti arrivé en tête, qu'il a prévu la disparition de la CAQ de l'Assemblée nationale et qu'il a même obtenu exactement le nombre de sièges conservateurs.

Mais ce serait passer à côté de l'essentiel.

Notre modèle s'est trompé. Et certaines de ses erreurs méritent une analyse sérieuse.

Une majorité annoncée, un gouvernement minoritaire

Notre projection finale donnait 66 sièges au PQ, 37 au PLQ, 19 au PCQ, 5 à Québec solidaire et aucun à la CAQ.

Le résultat : 59 pour le PQ, 40 pour le PLQ, 19 pour le PCQ, 9 pour QS et toujours aucun pour la CAQ.

Le PQ termine donc sept sièges sous notre estimation. Le PLQ en obtient trois de plus, et Québec solidaire quatre de plus.

Le total conservateur est exact, mais nous nous sommes trompés dans deux circonscriptions. Nous avions donné le PCQ gagnant dans Drummond-Bois-Francs, et le PQ gagnant dans Charlevoix-Côte de Beaupré alors que ce fut l'inverse.

Alors, qu'est-ce qui explique ce mouvement de 7 circonscriptions ?

Première erreur : les intentions de vote

Avant même de parler des circonscriptions, il faut regarder notre point de départ.

Notre agrégateur plaçait le PQ à 29,76 %, le PLQ à 24,48 %, le PCQ à 19,68 %, la CAQ à 15,39 % et QS à 10,69 %.

Les nombreux sondages des derniers jour plaçait le PQ à 29%, 30%. Notre agrégateur fait une moyenne pondéré de ces résultats et tente de projeté un résultat médian. Le PQ étant vraiment stable, le modèle a conservé les troupes souverainiste autour de 29% pendant presque toute la campagne. Ce dernier à fait 28% lundi.

1% ce devrait être une erreur statistique normalement. Mais dans une course aussi serré, 1% de moins, quand on l'applique dans le modèle, fait passer le PQ de 66 (notre projection) à 59! Exactement le bon nombre.

Cette première erreur relève de l'estimation du vote populaire. Et on peut penser que les electeurs péquistes ont moins voté que les autres partis. Ce fut aussi le cas de la CAQ qui était projeté plus forte que les votes reellement reçus. Mais pour eux, les carottes étaient déjà cuite.

Deuxième erreur : la géographie électorale

C'est ici que notre analyse devient particulièrement intéressante.

Après l'élection, nous avons effectué un test rétrospectif : remplacer les intentions de vote de notre agrégateur par les résultats populaires réellement obtenus, puis laisser le moteur les répartir dans les 127 circonscriptions.

Pour isoler davantage le fonctionnement du modèle, ce test conservait l'historique local, la calibration régionale et les pondérations automatiques.

Le résultat de cette expérience était révélateur :

  • PQ : 59 sièges

  • PLQ : 36 sièges

  • PCQ : 22 sièges

  • QS : 9 sièges

  • CAQ : 1 siège

Le modèle retrouvait exactement le nombre de sièges du PQ et de QS. Pourtant, il attribuait encore quatre sièges de moins au PLQ, trois de plus au PCQ et un siège à la CAQ.

Même avec les résultats populaires connus à l'avance, notre moteur ne reproduisait pas parfaitement la carte électorale.

Et deux choses saute au yeux, le vote de QS, est extrêmement puissant et concentré. Le modèle, lorsque QS baissait dans les sondages, perdait trop de point de façon équitable alors qu'en réalité il s'effondrait partout mais restait super fort dans les circonscriptions lui appartenant. 

C'est particulièrement vrai à Québec où notre modèle donnait Jean-Lesage et Taschereau au PQ dans une lutte ultra serré. Ça semblait logique comme QS était donné à 8% dans les sondages comparativement a 20% au résultat de 2022 dans cette région. On constate donc que le 12% perdu par QS à Quebec est du à l'effondrement dans toutes les autres circonscriptions. Cette réalité, notre modèle n'a pas su le prédire. 

Troisième erreur : certaines circonscriptions nous ont échappé

En examinant les résultats locaux, plusieurs cas ont attiré notre attention.

Jean-Talon est particulièrement révélatrice. Notre moteur accordait une avance importante au PQ, alors que le PLQ a remporté la circonscription assez facilement. Le moteur avait attribué une trop forte retention du vote de la partielle de 2023... Alors que ce ne fut pas vraiment le cas à la générale.

Rosemont montre une autre difficulté. Notre transposition accordait environ 40 % au PQ contre 31 % à QS. Les résultats réels ont inversé ce rapport, avec une victoire solidaire. Nous avions pas perçu une retention aussi forte à QS, surtout avec le départ du député sortant.

En Mauricie, une tendance mérite une attention particulière. Dans les quatre circonscriptions que nous avons examinées en détail — Champlain, Maskinongé, Laviolette–Saint-Maurice et Trois-Rivières — le moteur surestimait le vote conservateur de plusieurs points. Nous avons prédit les bons résultats dans les quatres courses, mais le PCQ recevait plus d'appui dans le modèle qu'en réalité.

Ce constat ne prouve pas encore une erreur de calibration régionale. Il pourrait également refléter des particularités locales, des candidatures ou des limites de notre historique électoral. Mais sa répétition justifie un examen plus approfondi.

Enfin, Huntingdon et Papineau ont montré un problème différent : notre moteur sous-estimait fortement le PQ, de l'ordre de 9 à 11 points dans les tests étudiés. Mais personne ne prédisait que ces circonscription basculeraient chez les souverainistes... Papineau ayant élu un seul péquiste... en 1976! Et Huntingdon en ayant jamais élu un souverainiste depuis sa création!

Ces écarts ne sont pas tous de même nature. Certains touchent le rapport entre deux partis, d'autres la force globale d'un parti dans une région ou la capacité du modèle à reconnaître une évolution locale.

Un bon gagnant ne signifie pas une bonne projection

Notre bilan ne doit pas se limiter au nombre de circonscriptions dont nous avons correctement identifié le gagnant.

Prenons Champlain. Notre test donnait une avance conservatrice d'environ 5,8 points. Le résultat réel s'est joué dans une course extrêmement serrée.

Le gagnant pouvait être correctement identifié tout en laissant une erreur importante sur l'intensité de la compétition.

C'est pourquoi notre prochain examen des résultats se fera sur les deux premiers partis, leurs marges et les écarts de pourcentage pour chacun des cinq grands partis.

Un moteur électoral doit faire davantage que colorier correctement une carte. Il doit reproduire, autant que possible, les rapports de force qui se cachent derrière chaque couleur.

Un bilan somme toute positif!

Projection127 a vue le jour en Août 2026. Il vivait avec vous ses premiers balbutiement! 2026 se voulait l'épreuve du feu et nous sommes relativement satisfait de l'exercice. Aucun agrégateur n'avait prévue un résultat exacte, et il aurait été difficile de le faire dans un contexte de course à 5 (Qui a fini a course à 4). 
Nous avions projeté le PQ à 66 avec 4 circonscriptions gagné par moins de 0,5% du vote ce qui était un coup de dés. Mais le vote du PQ n'a pas su se démontrer aussi solide, et les électeurs de QS et du PCQ se sont d'avantage présentés aux urnes. 

Nous avions sous estimé que le PLQ avait percé l'axe de l'autoroute 30, aussi. Nous ferons aussi une analyse plus complète de ce qui a pu se passer dans ce secteur dans un prochain article.


Notre engagement : montrer aussi ce qui n'a pas fonctionné

Projection 127 est né d'une passion pour les chiffres, les élections et la compréhension des comportements électoraux.

Nous avons partagé nos projections publiquement. Il est donc normal de partager également nos erreurs.

Nous ne prétendons pas avoir découvert une formule magique. Nous avons construit un outil de transposition électorale, avec ses forces et ses limites.

Il a correctement anticipé plusieurs grandes tendances. Il a aussi surestimé la force du PQ, sous-estimé celle de Québec solidaire et mal évalué plusieurs batailles locales.

Nous n'allons pas effacer ces erreurs ni réécrire notre projection finale. Elle restera accessible, telle qu'elle était avant le vote.

Parce qu'au fond, la crédibilité d'un modèle ne se mesure pas seulement à ses réussites.

Elle se mesure aussi à sa capacité de reconnaître ses erreurs, de les documenter et d'en tirer des enseignements.

127 circonscriptions. 127 verdicts. Et maintenant, beaucoup de travail pour comprendre ce que les chiffres ne nous avaient pas dit. Et Merci encore d'avoir suivi Projection127, nous poursuivrons d'actualiser le site, de partager nos réflexion et de se préparer pour le prochain rendez-vous électoral!

Projection 127 — Bilan postélectoral 2026

5 octobre 2026

Projection finale : maintenant, aux électeurs de trancher!

Après des mois à compiler des chiffres, intégrer des sondages, ajuster le modèle, analyser les régions et tenter de comprendre les particularités de chacune des 127 circonscriptions, Projection 127 arrive au bout du chemin. Voici notre projection finale.

Après des mois à compiler des chiffres, intégrer des sondages, ajuster le modèle, analyser les régions et tenter de comprendre les particularités de chacune des 127 circonscriptions, Projection 127 arrive au jour J.

Voici notre projection finale.

Au moment de prendre position, notre agrégateur prévoit comme résultat plausible: PQ à 29,76 %, devant le PLQ à 24,48 % et le PCQ à 19,68 %. La CAQ se situe à 15,39 % et QS à 10,69 %.

Lorsque ces intentions de vote passent à travers le modèle de Projection 127, on obtient une répartition de siège qui donnerait ceci:

PQ 66 sièges
PLQ 37 sièges
PCQ 19 sièges
QS 5 sièges
CAQ 0 siège

Évidemment, le chiffre qui attire immédiatement l'attention est 66. Avec un seuil de majorité fixé à 64 sièges, notre modèle place donc le PQ deux sièges au-dessus de cette barre.


66… Après des mois à compiler des chiffres, intégrer des sondages, ajuster le modèle, analyser les régions et tenter de comprendre les particularités de chacune des 127 circonscriptions, Projection 127 arrive au bout du chemin.

Voici notre projection finale.

Au moment de figer le modèle, notre agrégateur place le PQ à 29,76 %, devant le PLQ à 24,48 % et le PCQ à 19,68 %. La CAQ se situe à 15,39 % et QS à 10,69 %.

Lorsque ces intentions de vote passent à travers le modèle de Projection 127 — historique électoral, comportement local, données régionales, élections partielles et ajustements propres aux circonscriptions — la transposition finale donne :

PQ 66 sièges
PLQ 37 sièges
PCQ 19 sièges
QS 5 sièges
CAQ 0 siège

Sur papier, le chiffre qui attire immédiatement l'attention est évidemment 66.

Avec un seuil de majorité fixé à 64 sièges, notre modèle place donc le PQ deux sièges au-dessus de cette barre.

Mais il faut regarder derrière le gros chiffre.

66… très fragile

Quelques dixièmes de point suffisent actuellement à faire changer plusieurs circonscriptions de couleur. À l'échelle d'une circonscription, si on considère un taux de participation autour de 70%, ca veut donc dire que certains sièges se gagnerait par 50, 100, 200 votes. Recomptage assuré...

Dans Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, le PQ n'a que 0,11 point d'avance.

Dans Laviolette–Saint-Maurice : 0,23.

Dans Daniel-Johnson : 0,27.

Dans Granby : 0,34.

Dans Sherbrooke : 0,90

Cinq circonscription que le PQ pourrait perdre sans grande surprise, ramenant le parti de PSPP a une minorité.

Du côté du PCQ, il mène dans Charlesbourg par 0,62 point. Le PLQ dans Brome-Missisquoi par 0,92 et QS dans Sainte-Marie–Saint-Jacques par exactement 1,00 point.

Autrement dit, il n'est pas nécessaire d'imaginer un énorme écart entre les sondages et le résultat réel pour que la composition projetée de l'Assemblée change.

L'Estrie : sept circonscriptions, plusieurs batailles

L'Estrie illustre parfaitement ce phénomène.

Projection 127 y donne actuellement :

Brome-Missisquoi — PLQ +0,92
Granby — PQ +0,34
Mégantic — PCQ +2,52
Orford — PLQ +1,54
Richmond — PQ +3,45
Saint-François — PQ +4,23
Sherbrooke — PQ +0,90

Sur sept circonscriptions, quatre partis différents apparaissent dans le portrait régional et plusieurs courses demeurent extrêmement rapprochées.

C'est exactement le genre de région où quelques centaines ou quelques milliers de votes pourraient faire paraître notre carte finale très différente.

Même phénomène au Centre-du-Québec

Au Centre-du-Québec, le portrait est encore plus spectaculaire :

Arthabaska — PCQ +1,54
Daniel-Johnson — PQ +0,27
Drummond–Bois-Francs — PCQ +1,75
Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie — PQ +0,11
Nicolet-Bécancour — PCQ +1,51

Ici, aucune des cinq courses montrées par le modèle n'atteint deux points d'écart.

Daniel-Johnson et Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie sont pratiquement des égalités mathématiques.

Et la Mauricie?

La Mauricie montre un autre phénomène intéressant.

Champlain est projetée PCQ par 2,35 points, alors que Laviolette–Saint-Maurice est PQ par seulement 0,23 et Maskinongé PQ par 3,48.

Trois-Rivières se distingue davantage dans notre modèle, avec une avance PQ de 7,07 points. Les électeurs se serait-il rallié pour montrer la porte a Christine Fréchette ?

Encore une fois, tout ne tient qu'à un fil dans cette région aussi.

127 prédictions. Maintenant, 127 réponses.

Depuis le début, Projection 127 n'a jamais eu la prétention de prédire l'avenir avec certitude. Et je me tromperai, assurémment.

Un agrégateur demeure un modèle. Il prend des sondages provinciaux et tente de les transformer en 127 élections locales différentes. Il utilise l'histoire électorale, les particularités régionales et plusieurs ajustements afin d'essayer de représenter une réalité infiniment plus complexe qu'une simple colonne de chiffres.

Et demain, pour la première fois, nous allons confronter tout ce travail à la réalité.

Alors voilà.

Les chiffres sont là. La carte est là. Nos 127 prédictions sont faites.

Bon vote à toutes et à tous.

3 octobre 2026

Léger : Comment bouge le Québec à 48 heures du vote ?

Un dernier sondage Léger est sorti ce matin, possiblement l’un des derniers avant le jour du vote. Le PQ demeure en tête à 29 %, devant le PLQ à 25 % et le PCQ à 20 %. Québec solidaire obtient 11 %, alors que la CAQ se retrouve à 14 %.

Quelques points bougent, mais tout semble encore évoluer à l’intérieur de la marge d’erreur. Ce que ce sondage confirme cependant, c’est que le PCQ fait le plein d’appuis, et ce, au détriment direct de la CAQ.

Cependant, c’est lorsqu’on compare les données détaillées avec celles du Léger publié quelques jours plus tôt qu’on peut voir avec davantage de précision ce qui bouge réellement.

Régions, groupes d’âge, langue : derrière quelques petits mouvements au national se cachent parfois des variations de cinq, six, sept et même huit points.

Et c’est justement là que ça devient intéressant.

Deux CAQ très différentes

Entre les deux sondages, en quelques jours, la CAQ recule de 16 % à 14 % au niveau provincial. Un recul de deux points.

Mais ce chiffre cache des mouvements régionaux complètement opposés, qui peuvent nous donner une idée des endroits où les efforts de l’équipe de Christine Fréchette pourraient être concentrés lundi prochain.

Dans la RMR de Montréal, la CAQ passe de 17 % à 10 %, une baisse de 7 points.

Dans la RMR de Québec, même phénomène : 15 % à 8 %, une autre baisse de 7 points.

Dans le reste du Québec, le mouvement se fait dans l’autre direction : elle passe de 15 % à 19 %, soit +4 points.

Autrement dit, la CAQ s’est complètement effondrée à Québec. Avec 8 %, elle se retrouve à égalité avec Québec solidaire. Même le PLQ fait maintenant mieux qu’elle, à 18 %.

Dans le modèle de Projection 127, les endroits où la CAQ peut encore espérer sauver quelques sièges se retrouvent donc essentiellement dans des circonscriptions comme Trois-Rivières, Granby, Borduas, Chambly et Groulx.

Le PCQ gagne deux points… mais pas partout

Le Parti conservateur du Québec, lui, fait le trajet inverse de la CAQ : il passe de 18 % à 20 %.

Encore une fois, ce mouvement cache beaucoup de choses. Et il n’est pas nécessairement garant de gros gains malgré cette progression. Voici, en détail, comment s’explique le mouvement des troupes de Duhaime.

À Montréal, le PCQ passe de 9 % à 14 % : +5.

À Québec, il grimpe de 31 % à 37 % : +6.

Mais dans le reste du Québec, il recule de 25 % à 22 % : -3.

Le chiffre de 37 % dans la RMR de Québec est particulièrement impressionnant. Il rappelle les chiffres autrefois obtenus par l’ADQ, comme si le PCQ incarnait maintenant cette frange de l’électorat. Comparativement, le PQ y obtient 28 %, le PLQ 18 %, alors que la CAQ et QS sont tous deux mesurés à 8 %. Québec devient donc essentiellement une course à deux dans ce sondage.

De la même façon, même si cela ne se traduit pas nécessairement en sièges, les conservateurs progressent fortement dans la région de Montréal et, comme on le verra plus loin, ils montent surtout chez les non-francophones.

Cependant, là où le PCQ aurait probablement aimé voir les choses bouger, c’est dans le reste du Québec, où il tente d’élargir sa tache d’huile. Or, c’est plutôt le contraire qui se produit : ses appuis reculent — ou, au mieux, stagnent — dans des régions comme le Centre-du-Québec et la Mauricie.

Chez les jeunes : quatre partis nez à nez… et la CAQ à 3 %

Résultat étonnant du sondage : chez les 18 à 34 ans, Léger mesure maintenant :

PQ 27 % — QS 26 % — PLQ 24 % — PCQ 21 % — CAQ 3 %

Quatre partis se retrouvent donc dans une fenêtre de seulement six points, soit pratiquement à égalité lorsqu’on tient compte de l’incertitude associée à un sous-échantillon.

La CAQ, elle, est très loin derrière à 3 %. Une disparition presque complète dans cet électorat. C’est aussi le seul groupe d’âge où QS est véritablement compétitif.

Et les mouvements depuis le sondage précédent sont importants.

Le PQ passe de 22 % à 27 % (+5) et QS de 21 % à 26 % (+5).

Le portrait chez les jeunes est donc plus divisé que jamais. Dans un électorat qui vote en moyenne moins que le reste du Québec, ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour QS, qui dépend beaucoup de cet électorat pour conserver plusieurs de ses sièges.

Chez les 35–54 ans, le PQ recule

Mouvement ici aussi chez cette tranche d’âge particulièrement active de la population. Et ce n’est pas négligeable.

Chez les 35 à 54 ans, le PQ passe de 36 % à 30 %, soit une variation de -6 points entre les deux sondages.

Et ce n’est pas un seul parti qui récolte les fruits de ce mouvement. En effet, le PCQ passe de 24 % à 26 %, QS de 9 % à 11 % et la CAQ de 6 % à 7 %. Le PLQ demeure stable à 23 %.

Si ce transfert avait été plus direct vers le PCQ, nous aurions un tout autre portrait. Mais réparti aussi largement entre les autres partis, le PQ conserve tout de même une marge importante dans cet électorat.

C’est dans ce groupe d’âge que les machines de vote peuvent devenir particulièrement importantes. Ce sera d’ailleurs le sujet de mon prochain article d’analyse.

Et chez les 55 ans et plus ?

On dit toujours que ce sont les 55 ans et plus qui votent le plus, et les données historiques le montrent. C’est pourquoi il faut s’attarder à ces chiffres.

Voici ce que Léger mesure :

PQ 29 % — PLQ 27 % — CAQ 23 % — PCQ 15 % — QS 4 %

Le PCQ y passe de 11 % à 15 % (+4) alors que la CAQ passe de 27 % à 23 % (-4).

C’est un mouvement qui avantage indirectement les troupes de PSPP. En effet, alors que la CAQ menait dans cette tranche d’âge en début de campagne, le PQ pouvait espérer deux choses : soit augmenter considérablement ses propres appuis, soit voir le vote de la CAQ se diviser afin de créer de nouvelles courses à trois. Et c’est davantage ce deuxième scénario qui semble se dessiner dans ces données.

Le PQ demeure pratiquement stable, passant de 30 % à 29 %, tandis que le PLQ recule de deux points.

On mesure donc des rapports de force radicalement différents selon l’âge : QS est à 26 % chez les 18–34 ans et à 4 % chez les 55 ans et plus; la CAQ passe quant à elle de 3 % chez les plus jeunes à 23 % chez les plus âgés.

C’est notamment ce contraste qui peut aider à comprendre pourquoi, dans une projection par circonscription, les résultats peuvent différer considérablement des simples intentions de vote nationales.

Chez les francophones, le PQ seul en tête

Les différences linguistiques ajoutent une autre dimension.

Chez les francophones, le PQ demeure largement devant à 35 %, même s’il recule de deux points. Avec une avance de 16 points sur son plus proche rival, c’est une donnée particulièrement importante pour comprendre la position du PQ dans plusieurs circonscriptions.

Pour les autres partis, le PCQ demeure stable à 19 %, alors que le PLQ gagne un point pour atteindre 15 %. QS passe toutefois de 10 % à 14 %, soit +4 points, pendant que la CAQ passe de 18 % à 15 % (-3).

Mouvement spectaculaire chez les non-francophones ?

C’est un échantillon que l’on observe moins souvent puisque le PLQ y est habituellement dominant — et il l’est encore, rassurez-vous!

Cependant, on observe une baisse du PLQ, qui passe de 63 % à 56 %. Pendant ce temps, le PCQ passe de 12 % à 20 %.

Un mouvement non négligeable de -7 et +8 points entre les deux sondages.

C’est le plus gros mouvement de toute notre comparaison. C’est aussi un élément qui pourrait contribuer à expliquer la hausse du PCQ à Montréal et au niveau national.

Est-ce suffisant pour se traduire par des gains de sièges? On n’en est pas là.

Quoi retenir ?

Il serait prématuré d’affirmer que tous les mouvements observés représentent de véritables déplacements de l’électorat. Les sous-groupes reposent évidemment sur des échantillons plus petits, et les variations doivent donc être interprétées avec prudence.

Mais certaines demeurent particulièrement intéressantes.

Pour un modèle comme Projection 127, ce sont justement ces détails qui permettent d’affiner le portrait et de moduler certains mouvements.

Parce qu’une élection ne se déroule pas dans une seule immense circonscription. Elle se joue dans 127 circonscriptions, auprès d’électorats qui n’ont ni le même âge, ni la même composition linguistique, ni nécessairement les mêmes comportements politiques.

Notre science est loin d’être exacte, et au bout du compte, ce sont les électeurs qui feront leur choix.

Une chose est certaine : nous aurons besoin de beaucoup de pop-corn lundi!

ALLEZ VOTER!

30 septembre 2026

Déjà plus de 5 000 visites sur Projection 127!

Vous êtes curieux… et vos clics commencent à parler! Quelques statistiques en rafales.

Il y a quelques semaines à peine, Projection 127 prenait officiellement son envol. Le projet né d'une idée assez simple : transformer les sondages et les résultats passés en projections par circonscription… et surtout permettre aux amateurs de politique québécoise de jouer eux-mêmes avec les chiffres.

Depuis, vous avez été nombreux à venir fouiller, comparer, cliquer et tester vos propres scénarios.

Et hier, une petite étape symbolique a été franchie :

La 5000e visite sur Projection127.ca au cours des 30 derniers jours!

Alors, qu'est-ce que vous faites une fois arrivés sur le site?

Les statistiques anonymes de Projection 127 nous permettent maintenant d'en avoir un petit aperçu.


Projection 127 se consulte surtout… sur un cellulaire!

Premier constat intéressant : la moitié des consultations se font sur mobile.

50,0 % sur mobile, 39,9 % sur ordinateur et 10,1 % sur tablette.

Quelles circonscriptions vous intéressent le plus?

C'est probablement la statistique que je trouve la plus amusante.

Parce que lorsqu'on regarde les circonscriptions que vous ouvrez le plus souvent, une tendance apparaît rapidement…

La région de Québec attire l'attention.

Nombre de consultations enregistrées pour les dix circonscriptions les plus consultées.

Louis-Hébert domine avec 382 consultations, devant Jean-Lesage avec 319 et Taschereau avec 255.

Charlesbourg, Lévis, Vanier–Les-Rivières, Bellechasse et Montmorency se retrouvent également parmi les dix premières.

Ce n'est probablement pas étranger au fait que plusieurs courses de la grande région de Québec sont particulièrement intéressantes à surveiller cette année.

Et visiblement… vous les surveillez!


Que dise les pourcentages que vous testez ?

C'est une statistique interessante.

Projection 127 permet de passer de l'agrégat (Calcul du moteur de Projection127) au mode Manuel, afin de modifier soi-même les intentions de vote et de voir comment la carte électorale réagit.

Et depuis le début de la campagne, 7,6 % des sessions ont activé le mode Manuel. Mais surtout, le système comptabilise déjà 1 913 scénarios réellement modifiés. Nos calculs de la moyenne de vos manipulation depuis le début est interessant à consulter. 

Autrement dit : vous ne vous contentez pas nécessairement de regarder ma projection.

Vous essayez de faire la vôtre.

Et c'était exactement l'objectif derrière cet outil.

Lorsque l'on rassemble les scénarios modifiés dans le mode Manuel, voici le scénario moyen observé :

Intentions de vote moyennes dans les scénarios manuels enregistrés par Projection 127.

Ce scénario moyen produit actuellement :

PQ : 61,5 sièges
PLQ : 33,7 sièges
PCQ : 15,6 sièges
CAQ : 9,5 sièges
QS : 6,8 sièges

Évidemment, il ne s'agit ni d'un sondage ni d'une projection de Projection 127. C'est simplement la moyenne des scénarios que les utilisateurs ont choisi d'explorer dans le mode Manuel.

Mais avouez que c'est quand même amusant à regarder!


5 000 fois merci!

Projection 127 demeure un petit projet indépendant né d'une passion un peu démesurée pour les élections, les chiffres, les cartes et les projections.

Voir aujourd'hui des milliers de sessions, des centaines de consultations de certaines circonscriptions et près de 2 000 scénarios modifiés est franchement plaisant.

Alors merci de consulter le site, de tester les chiffres, de partager les analyses, de me signaler les choses qui clochent et, surtout, de vous amuser avec l'outil.

Parce qu'au fond, Projection 127 a pour seul objectif de vous informer, vous divertir et vous permettre d' explorer ce que les chiffres peuvent nous raconter.

Alors allez, entre maintenant et le 5 octobre… vous avez encore du temps pour cliquer.


Une dernière chose

Toutes les statistiques présentées ici proviennent du système de statistiques anonymes de Projection 127. Elles servent à comprendre l'utilisation générale du site, et non à suivre individuellement ses visiteurs.

Merci d'être déjà aussi nombreux! ❤️

28 septembre 2026

10 circonscriptions où tout peut encore basculer!

Trois sondages en moins de 24 heures ont brassé les cartes de Projection 127. Des circonscriptions qui semblaient relativement stables il y a quelques jours se retrouvent maintenant au cœur de véritables duels. À une semaine du scrutin, voici les 10 courses les plus serrées de notre agrégateur.

À une semaine du scrutin, trois nouveaux sondages sont venus brasser les cartes.

Léger, Pallas Data et Synopsis ont publié de nouveaux sondages ajourd'hui. Au-delà des différences entre les trois maisons, un mouvement ressort particulièrement : la CAQ recule, tandis que le PQ se stabilise autour de la barre des 30 %.

Chez Léger, le PQ obtient 30 %, devant le PLQ à 26 %, le PCQ à 18 %, la CAQ à 16 % et QS à 9 %. Par rapport à sa mesure précédente, Léger observe notamment une baisse de quatre points de la CAQ et une hausse de trois points du PLQ. Le sondage a été réalisé du 25 au 27 septembre auprès de 1 001 répondants. Leger

Pallas mesure pour sa part le PQ à 30 %, le PLQ à 23 %, la CAQ à 19 %, le PCQ à 17 % et QS à 10 %. Comparativement à sa vague précédente, le PQ gagne deux points et la CAQ en perd trois. Le sondage a été mené les 25 et 26 septembre auprès de 1 192 adultes québécois. Pallas Data

Comme notre modèle le démontre, plusieurs circonscriptions se trouvent déjà près du point de bascule, même un mouvement modeste dans les intentions de vote peut modifier simultanément plusieurs courses locales.

Et présentement, c'est coude à coude dans bien des endroits. Voici les 10 courses qui s'annoncent enlevantes


1. Jean-Lesage — QS +0,04

Difficile d'imaginer une course plus serrée. Jean-Lesage est actuellement la circonscription la plus disputée de Projection 127. On y retrouve le Co-Chef de Québec solidaire qui tente de conserver son siège face un candidat vedette du PQ: Claude Villeneuve, ex chef de l'opposition a la mairie de Québec et candidat à la Mairie en 2025.

À +0,04, l'avance projetée de Québec solidaire représente une 50 aines de voies. Si ce résultat s'avère vrai, je vous conseille de sortir le Popcorn lundi prochain.


2. Arthabaska — PQ +0,13

Arthabaska arrive immédiatement derrière avec une avance du PQ de seulement 0,13 point.

Cette circonscription mérite particulièrement d'être surveillée puisque qu'elle a été gagné il y a peu par le Parti Québécois lors d'une élection partielle. C'est un match revenge entre Alex Boissonneault et Tarek Henoud dans ce compté du Centre-du-Québec.

La récente poussée nationale du PCQ pourrait bien créer une certaine surprise dans les zone limitrophe à Chaudière-Appalaches ou le discour de Duhaime trouve écho.


3. Taschereau — PQ +0,28

Encore Québec.

Le PQ possède maintenant une avance de seulement 0,28 point dans Taschereau. Comme Jean-Lesage, Québec Solidaire tente ici de conserver un de ses fief facilement remporté en 2018 et 2022.

Cependant, ces victoires sont survenu quand QS était a 20% dans les sondages touchant la capitale. Aujourd'hui, ils sont entre 10% et 12%.

Les problèmes de candidatures du Parti Québécois en début de campagne semble donc ne pas avoir trop ébranlé le parti. Une autre belle lutte dans la capitale.


4. Louis-Hébert — CAQ +0,31

Et voilà l'autre côté de la médaille.

Malgré son recul marqué dans les sondages publiés aujourd'hui, la CAQ conserve une très mince avance dans Louis-Hébert : +0,31 point. Et c'est actuellement le seul compté que conserverait les troupes de Christine Fréchette...

Ainsi, un seul autre mauvais sondage pour la CAQ pouvait les rayés de la carte et permettre au PQ de reprendre cette circonscription couvrant, entre autre, Saint-Augustin-de-Desmaures.


5. Granby — PQ +0,84

Voici une circonscription ou aucun agrégateur ne s'entend.

À Granby, Projection 127 place actuellement le PQ devant par 0,84 point. Le départ de François Bonnardel fait mal a la CAQ qui aurait probablement eu un meilleur score si ce dernier aurait sur le bulletin.

C'est toujours extrêmement serré : moins d'un point sépare les deux premières formations dans le modèle. Et cette force de la CAQ résiste essentiellement grace à l'effet Bonnardel, anciennement député de l'ADQ et jusqu'à la dissolution, député de la CAQ


6. Champlain — PQ +1,23

Jusqu'à tout récemment, la Mauricie demeurait un des terreaux encore fertile de la CAQ. Mais les derniers sondages ont tout renversé. L'ancien Fief de Sonia Lebel pourrait bien revenir à une des pointure vedette du PQ: M. René Branchaud, le tout premier candidat de l'équipe économique annoncé à l'hiver 2026

Le PQ y possède une avance projetée de 1,23 point. C'est, étonnament, la seule circonscription de la Mauricie ou la CAQ pourrait encore espérer résister... Vous avez bien compris; Trois-Rivières, lieu d'atterrissage de Christine Fréchette, ne se retrouve plus dans la liste des 10 circonscriptions les plus serré de Projection127. Cependant, icim ce serait le PCQ qui fait la course avec le PQ !!


7. Sherbrooke — PQ +1,82

À +1,82, le PQ occupe actuellement le premier rang dans Sherbrooke.

Même si la marge peut sembler être confortable, on est ici dans une réelle course a trois. Le candidat Péquiste joui de la bonne performance de sa formation politique alors que Québec Solidaire tente de conserver le siège de Christine Labrie avec la candidature de Stéphanie Vachon.

Ce qui brouille les cartes ? Pierre Cossette, candidat vedette du PLQ, Vice-Recteur a l'université de Sherbrooke, c'est probablement un des candidats les plus en vue de cette circonscription.


8. Brome-Missisquoi — PLQ +1,83

Cette fois, c'est le PLQ qui occupe la première position dans Projection 127 avec 1,83 point d'avance. Un des rares comptés où le PLQ peut espérer faire un gain en région. Résultat directe d'une amélioration des sondages et du renforcement du vote non francophone.

Le mouvement libéral observé notamment chez Léger — de 23 % à 26 % en une semaine — constitue donc un élément particulièrement pertinent à suivre dans les circonscriptions où le PLQ était déjà compétitif.


9. Drummond–Bois-Francs — PQ +1,84

Projection 127 donne actuellement au PQ une avance de 1,84 point dans Drummond–Bois-Francs.

C'est aussi une circonscription où la CAQ, jusqu'à tout récemment, sembler en voie de conserver ses acquis avec un député bien établi dans la circonscription: Sébastien Schneeberger. Cependant, la montée du PCQ semble brouiller les cartes. Le député élu pour la première fois en 2007 avec l'ADQ, semble perdre du terrain au profit d'une candidat vedette du PQ, l'Alpiniste Charles Page. Comme quoi aucune montagne n'est impossible à gravir!


10. Vanier–Les Rivières — PCQ +2,05

Vanier-Les Rivières complète notre top 10.

Ici les conservateurs possèdent actuellement une avance de 2,05 points.

La circonscription est donc la plus urbaine, avec Lévis, où le PCQ espère faire un gain. Le candidat Patrick Paquet, bien connu dans le milieu municipal, semble donc avoir un léger avantage sur une candidate vedette du PQ, Valérie Martin, Journaliste aussi bien connue de la région.

Cette course pourrait aussi nous révéler une surprise le 5 octobre.

À une semaine du vote, il serait bien difficile de se commettre hors de tout doute sur l'issue des ces 10 courses. Comme quoi rien n'est encore joué à 100%.
Même si tous les indicateurs sont au vert pour le PQ, il ne suffit que la remonté de quelques décimale d'un partie ou d'un autre pour faire basculer des courses importantes.
Chose promis, la soirée de lundi prochain donnera des sueurs chaudes a bien des agrégateurs, et à bien des organisateurs!

26 septembre 2026

Québec... Ça joue du coude!

Tout le monde ou presque est dans la "Game". Le PQ, la CAQ, QS et le PCQ ont tous des circonscriptions où ils sont actuellement projetés gagnants. Et dans plusieurs cas, ça se joue qu'à quelques dixième de point.

S’il y a une région que je trouve particulièrement intéressante à suivre dans Projection 127, c’est Québec.

Pourquoi? Parce qu’ici, tout le monde ou presque est dans la "Game". Le PQ, la CAQ, QS et le PCQ ont tous des circonscriptions où ils sont actuellement projetés gagnants. Et dans plusieurs cas, ça se joue qu'à quelques dixième de point.

Le PCQ est bien installé

Pas de grande surprise : Québec demeure le deuxième terrain le plus fertile du PCQ après Chaudière Appalaches.

Dans Projection 127, Chauveau et La Peltrie sont actuellement projetées conservatrices avec des avances d’environ 15 points. Mais dès qu’on se déplace vers Montmorency, ça se resserre drôlement : le PCQ n’y mènerait que par 4,21 points.

C'est par ici que sa reconnaissance comme parti officielle se jouera, si Duhaime et ses troupes font le plein a Québec, le parti Conservateur fera un fort retour après sa disparition électorale des années 30.

La CAQ n’a pas dit son dernier mot

Malgré son recul dans les sondages provinciaux, la CAQ demeure très compétitive dans certaines circonscriptions de Québec.

Elle est actuellement projetée devant dans Louis-Hébert (+3,34) et Vanier–Les Rivières (+2,13).

Ce sont loin d’être des sièges confortables, mais ça montre bien pourquoi on ne peut pas simplement prendre la baisse nationale de la CAQ et la copier-coller partout. Pourquoi notre modèle leur donne l'avantage dans ces deux circonscription alors que les deux candidats sont de nouveaux venus ? Simplement parce que l'historique de la CAQ à toujours été très forte à cet endroit. Rappellons nous que la victoire de Geneviève Guilbeault dans Louis-Hébert, en partielle, avait ouvert la voix au succès de la CAQ en 2018.

QS s’accroche au centre-ville

Pour QS, ça se passe essentiellement au cœur de Québec. Il a encore un espoir que les solidaires conservent leur deux circonscription, mais avec un vote national faible, je ne pourrais pas me prononcer sur ces deux là avec une certitude.

Taschereau : QS +0,35.
Jean-Lesage : QS +0,51.

Soyons clairs : mon modèle ne nous dit pas qui va gagner. Il nous dit que c’est beaucoup trop serré pour le savoir!

Et c’est justement ce qui rend ces deux circonscriptions aussi intéressantes à surveiller.

Et Charlesbourg?

Celle-là est probablement ressemble a un pari risqué.

PQ +0,07.

Oui, 0,07 point.

À ce stade-là, on peut essentiellement considérer Charlesbourg comme une égalité parfaite dans le modèle. Un seul petit mouvement dans les prochains sondages peut la faire changer de couleur. Et en fait, elle a changé trois fois de couleur depuis le déclenchement de la campagne. Si la CAQ semblait en voie de conserver ce siège en début de campagne, le PCQ le lui a voté début septembre et le PQ vient de le reprendre suivant les sondages post-débat.

Pendant ce temps, quelques kilomètres plus loin, Jean-Talon est projetée PQ avec une avance de 15,18 points.

C’est exactement pourquoi j’aime travailler par circonscription plutôt qu’avec un simple « swing » régional.

Les courses à surveiller

Charlesbourg — PQ +0,07
Taschereau — QS +0,35
Jean-Lesage — QS +0,51
Vanier–Les Rivières — CAQ +2,13
Louis-Hébert — CAQ +3,34
Montmorency — PCQ +4,21

Bref, Québec est sur le gros Speed!

C’est probablement ce que je trouve le plus fascinant dans la région.

On peut passer d’une circonscription fortement PCQ à une lutte PQ-CAQ, puis quelques kilomètres plus loin tomber dans un village Gaulois de QS.

Et avec autant de courses serrées, quelques points de mouvement dans les prochains sondages pourraient faire changer plusieurs sièges de couleur d’un seul coup. C'est d'ailleurs ce que le PQ doit espérer. Parce qu'avec une projection actuellement autour de 60 à 62 siège, remporter Jean-Lesage et Tashereau pourrait être la façon la plus simple pour atteindre sa majorité.

Sortez le popcorn le 5 au soir, Québec pourrait être un champs de bataille comme il ne l'a pas été depuis fort longtemps.

Et comme toujours : Projection 127 ne prétend pas prédire l’avenir. C’est une photo prise aujourd’hui avec les données disponibles.

À Québec, disons simplement que la photo est particulièrement… flou. 😅

22 septembre 2026

Deux points qui valent 16 sièges!

Le PQ à la porte de la Majorité, le PCQ arrache le titre de parti officiel et la CAQ est dans ses retranchements...

Deux sondages, deux Assemblées nationales

À première vue, les deux portraits se ressemblent énormément.

Le plus récent scénario Léger place le PQ à 29 %, le PLQ à 23 %, la CAQ à 20 %, le PCQ à 17 % et Québec solidaire à 11 %.

De son côté, Pallas mesure le PQ à 28 %, le PLQ à 22 %, la CAQ à 22 %, le PCQ à 16 % et QS à 11 %. Le sondage Pallas a été réalisé le 19 septembre auprès de 1 122 adultes québécois et comporte une marge d'erreur de ±2,9 points, 19 fois sur 20. Pallas Data

Autrement dit, les différences entre les deux portraits sont modestes : un point pour le PQ, un pour le PLQ, deux pour la CAQ, un pour le PCQ et aucune différence pour QS.

Et pourtant, lorsqu'on injecte séparément ces deux scénarios dans le moteur de Projection 127, les cartes obtenues sont très différentes.

Avec les chiffres de Pallas, Projection 127 obtient :

Projection de Sièges - Projection127 selon le sondage de Pallas Data
Source : Sondage Pallas Date du 21 Septembre 2026

Avec ceux de Léger :

Source : Sondage Léger en date du 22 septembre 2026

Précision importante : il ne s'agit pas de projections de sièges produites par Léger ou Pallas. Il s'agit de la transposition de leurs intentions de vote nationales par le modèle de Projection 127.

Deux points pour la CAQ... seize sièges d'écart

La différence la plus spectaculaire concerne la CAQ (Équipe Christine Fréchette).

Dans le scénario Pallas, la CAQ obtient 22 % des intentions de vote et Projection 127 lui attribue 20 sièges.

Dans le scénario Léger, elle tombe à 20 % et sa projection dans notre modèle chute à 4 sièges.

Deux points de vote national. Seize sièges d'écart.

À première vue, le résultat peut sembler disproportionné. Mais une projection électorale ne fonctionne pas selon une règle de trois. Tout dépend d'où se trouvent les votes.

Un parti peut perdre plusieurs points dans des circonscriptions qu'il remportait avec une énorme avance sans perdre un seul député. À l'inverse, une variation relativement petite peut faire basculer simultanément plusieurs circonscriptions où les marges étaient faibles.

C'est exactement ce qui rend la conversion du vote populaire en sièges aussi drastique. On peut donc affirmer que le seuil de survie de la CAQ se situe autour de 21% du vote. En dessous de ce chiffre, le partie pourrait ne plus être un parti reconnu à l'Assemblée nationale.

L'effet de falaise

On peut imaginer une série de circonscriptions alignées au bord d'une falaise.

À 22 %, plusieurs d'entre elles demeurent encore, de justesse, du même côté. À 21 %, certaines commencent à basculer et à 20 %, suffisamment de courses serrées peuvent passer simultanément à un autre parti pour provoquer une chute importante du nombre de sièges.

C'est ce qu'on pourrait appeler un effet de falaise électorale.

Et la CAQ semble particulièrement sensible à cet effet dans notre modèle lorsqu'il navigue entre 22 et 20% des intentions de votes.

Nos récents tests de simulation le montre bien. Plusieurs circonscriptions où la CAQ est compétitive changent fréquemment de gagnant lorsque l'on fait varier légèrement les intentions de vote nationales : L'Assomption, Chambly, La Prairie, Blainville, Brome-Missisquoi, Chapleau, Nicolet-Bécancour ou encore Montarville figurent parmi les circonscriptions pivots.

Ce n'est donc pas simplement le niveau national de la CAQ qui compte. C'est le nombre de sièges qui se trouvent actuellement près de leur point de bascule.

Et les sièges perdus doivent aller quelque part

Il y a une deuxième conséquence importante.

Lorsqu'un parti perd une circonscription, le siège n'est évidemment pas retiré de l'Assemblée nationale : un autre parti le gagne. (Dahh!). C'est pourquoi les 16 sièges qui séparent les deux scénarios de la CAQ amplifient également les mouvements observés partout ailleurs.

Entre les deux transpositions de Projection 127, le PQ passe de 55 à 67 sièges, le PLQ de 33 à 36, le PCQ de 11 à 12, tandis que QS demeure à 8.

Ainsi, une différence nationale relativement modeste finit par produire deux Assemblées nationales politiquement très différentes.

Et surtout, elle fait franchir deux seuils importants...

64 : le seuil de la majorité!

L'Assemblée nationale compte 127 circonscriptions, ce qui place le seuil de majorité à 64 sièges.

Dans le scénario Pallas, les 55 sièges projetés au PQ demeurent sous ce seuil tandis que dans le scénario Léger, Projection 127 en attribue 67 au PQ.

La différence entre les deux scénarios ne se résume donc pas à douze députés péquistes supplémentaires. Elle correspond au passage, dans le modèle, d'une configuration sans majorité de sièges à une configuration où un parti en détient plus de la moitié.

Voilà pourquoi quelques points de vote peuvent avoir une importance sur la composition de notre future asemblée nationale.

12 : un seuil parlementaire important!

Un autre chiffre mérite notre attention : 12.

Dans le scénario Pallas, Projection 127 attribue 11 sièges au Parti conservateur du Québec. Dans celui de Léger : 12. Un seul siège de différence, mais celui-ci pourrait avoir une importance parlementaire majeure.

Le Règlement de l'Assemblée nationale prévoit qu'un parti politique est reconnu comme groupe parlementaire lorsqu'il remplit au moins l'un de deux critères : avoir fait élire 12 députés ou avoir obtenu 20 % des voix lors de la plus récente élection générale. Assemblée nationale du Québec

Le PCQ étant à 17 % dans le scénario Léger, ce n'est pas le critère du vote populaire qui entrerait ici en jeu. C'est celui des 12 députés.

Ainsi, avec la transposition des chiffre de Léger dans Projection 127, le douzième siège conservateur n'est pas simplement un siège supplémentaire : il correspond exactement au seuil de reconnaissance comme groupe parlementaire, si un tel résultat constituait le résultat réel d'une élection.

Cette reconnaissance comporte des avantages concrets à l'Assemblée nationale... En effet, un parti officiellement reconnu hérite de Budget et de temps de parole en chambre non négligeable, c'est exactement la cible qu'Éric Duhaime s'était fixé en début de campagne. Assemblée nationale du Québec

Le 5 octobre au soir, ce pourrait donc être Nicolet-Bécancour qui offre ce titre au PCQ.

Deux petits écarts, deux seuils majeurs

C'est finalement ce qui rend la comparaison entre les deux sondages particulièrement intéressante.

Sur le plan des intentions de vote, Léger et Pallas présentent des portraits qui ne semblent pas appartenir à deux mondes différents.

Mais le mode de scrutin ne distribue pas les sièges proportionnellement au vote national.

Dans la transposition de Projection 127, quelques points suffisent à déplacer suffisamment de circonscriptions pour faire apparaître deux changements institutionnels importants :

le PQ passe le seuil des 64 sièges et le PCQ atteint celui des 12 députés.

Pendant ce temps, la CAQ passe de 20 sièges dans un scénario à seulement 4 dans l'autre.

Ce n'est pas la démonstration que l'un ou l'autre de ces résultats se produira le 5 octobre. Ce sont deux scénarios construits à partir de deux photographies différentes de l'opinion publique et transposés par le même modèle.

C'est surtout une excellente démonstration de la raison pour laquelle une projection électorale doit être lue comme une distribution de possibilités autour d'un scénario central, plutôt que comme une prédiction exacte du nombre de députés qui seront élus.

Deux points peuvent sembler bien peu sur une ligne de sondage.

Sur une carte électorale, ils peuvent parfois changer beaucoup plus que deux sièges.

Et si tout se jouait à un siège?

À l'échelle nationale, quelques points seulement séparent Léger et Pallas. Pourtant, dans Projection 127, ils suffisent à faire passer le PQ d'une situation sous le seuil de la majorité à 67 sièges, pendant que le PCQ passe de 11 à 12 députés.

Dans les deux cas, la frontière est mince.

Une majorité se gagne une circonscription à la fois. Même chose pour ce fameux douzième député conservateur. Et lorsqu'on regarde actuellement les scénario de Projection 127, on réalise à quel point plusieurs de ces sièges ne tiennent qu'à presque rien.

À moins d'un point d'écart, on retrouve actuellement :

L'Assomption — Vanier–Les Rivières — Saint-Henri–Sainte-Anne — Brome-Missisquoi —
Borduas — Chapleau — Iberville — Taschereau — Jean-Lesage — Drummond–Bois-Francs

Et si on élargit à moins de deux points, la liste continue : Daniel-Johnson, Louis-Hébert, Champlain, Trois-Rivières, Sherbrooke et Nicolet-Bécancour.

Ça fait 16 circonscriptions où je ne gagerais pas ma ceinture sur le résultat final.

Le soir du 5 octobre, ce sont probablement ces noms qu'il faudra surveiller attentivement sur la carte.

Parce qu'une majorité, la reconnaissance d'un groupe parlementaire ou la survie de plusieurs députés peut parfois tenir à une seule circonscription.

Et une seule circonscription peut tenir à une poignée de votes.


16 septembre 2026

Pourquoi Projection 127 lit l’Abitibi différemment des autres

Projection 127 donne l'Abitibi plus largement au PQ que les autres agrégateurs, Pourquoi ?

Les projections électorales ne racontent pas toutes la même histoire. C’est particulièrement vrai en Abitibi-Témiscamingue, où Projection 127 arrive à des résultats sensiblement différents de ceux présentés par d’autres modèles.

Il ne s’agit pas de prétendre qu’une projection à une réponse supérieure à une autre. Mais l’Abitibi constitue un bon exemple de la raison pour laquelle Projection 127 accorde autant d’importance à l’histoire électorale locale qu’aux intentions de vote provinciales.

Trois circonscriptions qui ne votent pas simplement « comme le Québec »

À première vue, les résultats de 2022 pourraient laisser croire à une région solidement acquise à la CAQ.

La formation avait obtenu 47,17 % dans Abitibi-Est, 46,75 % dans Abitibi-Ouest et 45,16 % dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, remportant les trois circonscriptions. Ces résultats étaient tous supérieurs au résultat provincial de la CAQ, qui s'établissait à 40,98 %.

Mais utiliser uniquement 2022 pour projeter 2026 donnerait une image incomplète de la région.

L'histoire récente montre au contraire un électorat capable de mouvements importants. Entre 2003 et 2018, Abitibi-Est et Rouyn-Noranda–Témiscamingue ont notamment basculé à plusieurs reprises entre le Parti libéral et le Parti québécois. Abitibi-Ouest possède pour sa part une histoire particulière, ayant été représentée pendant plus de quatre décennies par le péquiste François Gendron avant son départ en 2018.

Autrement dit, la victoire massive d'un parti lors d'une élection ne signifie pas nécessairement que la circonscription lui appartient éternellement.

Comment mesure Projection 127

Projection 127 ne prend pas simplement le résultat provincial actuel d'un parti pour lui appliquer le même mouvement partout au Québec.

Pour chaque circonscription, le modèle compare plutôt sa performance locale à sa performance provinciale lors des élections de 2012, 2014, 2018 et 2022.

Les élections les plus récentes ont davantage de poids : 2022 compte pleinement, puis l'influence diminue progressivement en remontant dans le temps.

L'objectif est de répondre à une question assez simple :

Quand un parti monte ou descend au Québec, cette circonscription a-t-elle historiquement eu tendance à lui être plus favorable ou moins favorable que l'ensemble de la province?

Cette distinction devient particulièrement importante dans une région comme l'Abitibi-Témiscamingue.

2022 : Élection exceptionnelle

Prenons Rouyn-Noranda–Témiscamingue.

En 2022, Daniel Bernard de la CAQ y obtenait 45,16 %. Mais Québec solidaire conservait également un fort 30,94 %, contre seulement 15,43 % à l'échelle québécoise. Le PQ, lui, n'y recueillait que 11,25 %.

Une projection basée trop fortement sur cette seule élection pourrait donc conserver longtemps cette configuration unique.

Projection 127 tente plutôt de déterminer quelle portion de ces résultats semble appartenir à une tendance durable de la circonscription et quelle portion peut être davantage associée au contexte politique et aux candidatures d'une élection précise.

C'est justement pourquoi plusieurs élections sont utilisées.

Les candidats qui changent l’équation

Une circonscription n'est pas seulement une série de pourcentages.

Les candidatures de 2026 introduisent elles aussi des éléments qui n'existaient pas quatre ans auparavant. À Rouyn-Noranda–Témiscamingue, par exemple, le PQ présente Diane Dallaire, qui a été mairesse de Rouyn-Noranda de 2017 à 2025.

Abitibi-Ouest présente une dynamique différente : Suzanne Blais, élue sous la bannière caquiste en 2022 avec 46,75 %, est de nouveau candidate en 2026. Mais elle affronte un candidat péquiste de taille en la personne de Sebastien D'Astous, actuel maire d'Amos.

Dans Abitbi-Est, on retrouve Pierre Dufour pour le PLQ qui est le député sortant élu sous la bannière de la CAQ en 2022.

Tout ces candidats obtiennent, dans des moyennes différentes, un impact local appliqué au modèle.

L'Effet du "Grand Sondage Léger"

La donnée qui aurait pu faire balancer la région pour la CAQ nous provient d'une "récente" études diffusé en début de campagne par Léger. Ce sondage appellé le "Grand Sondage Léger" n'est en effet qu'une compilation de tous les sondages entre juin et le déclenchement de la campagne. Ce sondage donnait les troupes de Christine Fréchette en avance de 9% dans toutes la région; c'est énorme. Cependant, l'échantillon de la région reste mince, et les données de juin peuvent aussi être considéré vieillissante. C'est pourquoi Projection 127 à pondéré cet effet a un pourcentage relativement faible. Cependant, les autres modèles semble intégrer pleinement ce sondage dans leur algorithme. Ce qui me fait penser que le PQ est actuellement sous-estimé par d'autres agrégateurs. C'est pourquoi Projection 127 accorde une importante plus grande à l'historique électorale qu'au sondage à faible échantillon. C'est un choix de modèle qui se défend, d'un côté comme de l'autre.

Une projection, pas une certitude

Cette approche ne signifie évidemment pas que Projection 127 « sait » qui remportera les circonscriptions de l'Abitibi.

Elle signifie simplement que lorsqu'un sondage provincial change, le modèle ne repart pas de zéro.

Il demande comment chacune de ces circonscriptions s'est comportée lorsque les rapports de force provinciaux étaient différents, accorde davantage de poids aux élections récentes et transpose ensuite les intentions de vote actuelles à travers cette histoire locale.

C'est cette mécanique qui peut conduire Projection 127 à présenter une lecture différente de l'Abitibi-Témiscamingue.

Et c'est précisément l'une des raisons de base de notre modèle : ne pas seulement demander où en sont les partis au Québec, mais comment cette réalité provinciale pourrait se traduire dans chacune des 127 circonscriptions.

L’Abitibi-Témiscamingue selon Projection 127

Avec les données actuellement intégrées au modèle, Projection 127 place le Parti québécois en tête dans les trois circonscriptions de l’Abitibi-Témiscamingue, mais avec des rapports de force locaux très différents.


Abitibi-Est

PQ 31,70 % · CAQ 24,40 % · PLQ 19,18 % · PCQ 15,79 % · QS 8,92 % PQ projeté — avance de 7,30 points sur la CAQ

Abitibi-Ouest PQ 41,33 % · CAQ 23,25 % · PCQ 14,57 % · PLQ 11,22 % · QS 9,63 % PQ projeté — avance de 18,08 points sur la CAQ

Rouyn-Noranda–Témiscamingue PQ 32,68 % · CAQ 24,15 % · QS 19,28 % · PLQ 13,11 % · PCQ 10,78 % PQ projeté — avance de 8,53 points sur la CAQ


Ces chiffres constituent une photographie du modèle au 16 septembre 2026 et évolueront avec les nouvelles données.

15 septembre 2026

Le "Mainstreet" dans la pièce.

Un sondage commandé par la CAQ, exclu de notre algorythme.

Un nouveau sondage de Mainstreet Research a été rendu public aujourd’hui. Ses résultats se démarquent fortement du portrait dressé par les trois sondages publiés la veille par Léger, Pallas Data et Synopsis.

Projection 127 a choisi de présenter ce sondage dans sa section Sondages, tout en ne l'intégrant pas dans la projection. Il demeure donc visible pour assurer la transparence et conserver une trace complète des données rendues publiques, mais il n’a aucun effet sur l’agrégat de Projection 127 ni sur les projections des 127 circonscriptions.

Pourquoi l’exclure?

La raison principale n’est pas que ses résultats diffèrent des autres sondages. Un sondage divergent peut être parfaitement légitime et il serait méthodologiquement dangereux d’écarter une enquête simplement parce qu’elle constitue une valeur aberrante.

La distinction est plutôt que cette enquête a été commandée pour le compte d’Équipe Fréchette–CAQ.

De plus, à la consultation du rapport d'enquête, lequel nous sert à pondérer les échantillons et la répartition régional, on remarque que Mainstreet a volontairement effacé toutes les données ventilées ne laissant que le résultat final. Ainsi, nous ne pouvons extraire aucune données sur les échantillons d'âge, de langues, de provenance géographique et c'est ce point qui supporte essentiellement notre décision. Particulièrement lors qu'on peut voir que Mainstreet a sondé 450 personnes à Québec et 500 à Montréal, des poids particulièrement inégaux. Cette distorsion ne pourrait expliquer a elle seule le résultat, mais elle nous convainc dans notre décision. Cela ne signifie pas que Mainstreet Research a produit des résultats biaisés ou que son travail doit être considéré comme invalide. Toutefois, un sondage commandité par une formation politique soulève un problème particulier pour un agrégateur indépendant : nous ne connaissons pas nécessairement l’ensemble des enquêtes internes réalisées ni les circonstances ayant mené à la publication de celle-ci.

Il existe donc un risque de biais de sélection ou de publication impossible à mesurer.

Ce facteur prend une importance supplémentaire dans le contexte actuel puisque trois autres sondages ont été publiés le 14 septembre par Léger, Pallas Data et Synopsis et qu’ils présentent un portrait différent de celui de Mainstreet, tout en se justifiant dans une marge d'erreur acceptable.

Cette décision concerne cette enquête particulière et son contexte de publication. Elle ne constitue pas une exclusion générale de Mainstreet Research. Une future enquête publique et indépendante de la firme pourrait être intégrée normalement à l’agrégateur selon les mêmes critères méthodologiques appliqués aux autres sondages.

La transparence avant tout

Un agrégateur ne devrait pas choisir les sondages qui lui plaisent. Mais il ne devrait pas non plus traiter automatiquement toutes les données publiées comme si elles avaient exactement le même contexte méthodologique.

Projection 127 préfère donc rendre cette décision visible et explicite.

Le sondage est montré. Le coefficient est affiché. Son influence sur le modèle est nulle.

Le lecteur dispose ainsi de l’information et peut se faire sa propre opinion, tandis que la méthodologie de Projection 127 demeure cohérente et vérifiable.

14 septembre 2026

Trois sondages, une même journée : que faut-il retenir du 14 septembre?

Le PQ toujours en tête

Rarement une journée aura offert autant de matière aux amateurs de politique québécoise. Ce 14 septembre, trois nouveaux sondages — Léger, Pallas et Synopsis Recherche — sont venues prendre simultanément le pouls de l’électorat. (Et dans les mêmes dates...)

Malgré certaines différences entre les trois maisons, un constat ressort : la course demeure ouverte et les rapports de force continuent d’évoluer rapidement.

Les trois sondages placent le Parti québécois au premier rang, avec des appuis variant de 27 % à 29 %. Derrière lui, le Parti libéral et la Coalition avenir Québec se retrouvent dans une lutte particulièrement serrée.

Léger mesure le PQ à 29 %, devant le PLQ à 23 % et la CAQ à 21 %. Pallas obtient plutôt 27 % PQ, 23 % PLQ et 23 % CAQ, tandis que Synopsis situe les trois formations à 28 %, 22 % et 24 % respectivement.

Autrement dit, les trois maisons ne décèlent pas exactement le même pouls des même échantillon — mais elles décrivent toutes un espace relativement compact entre les trois principales formations. On constate donc trois photos qui se tiennent dans la marge d'erreur.

Le Parti conservateur se situe pour sa part entre 14 % et 17 %, tandis que Québec solidaire obtient 10 % ou 11 % dans les trois enquêtes.

Un test grandeur nature pour Projection 127

Cette journée constitue également un test intéressant pour un modèle d’agrégation.

Projection 127 ne cherche pas à choisir quel sondage a « raison ». L’objectif est plutôt de combiner l’information disponible en tenant compte notamment de sa fraîcheur et de la fiabilité accordée aux différentes sources.

En période électorale, Projection 127 utilise donne des poids plus fort selon le délai passé depuis un sondage : les sondages récents prennent donc rapidement davantage d’importance que ceux réalisés plusieurs semaines auparavant.

Ce qui bouge

Avant cette série de publications, l’agrégateur situait approximativement le PQ à 29,3 %, la CAQ à 23,8 %, le PLQ à 21,6 %, le PCQ à 15,3 % et QS à 10,0 %.

Les nouvelles enquêtes provoquent surtout un resserrement.

Le PQ recule légèrement tout en conservant la première position. Le PLQ progresse, la CAQ perd une partie de son avance sur les libéraux, tandis que QS et le PCQ gagnent également quelques dixièmes.

Ce qu'on doit savoir c'est que chaque partie se retrouve dans une certaine zone payante. Ainsi, si vous Entrez manuellement les resultats de chacun des trois sondages, vous vous retrouverez avec un portrait différent, comme quoi chaque dixième de point de % peut vite faire basculer un siège.

Disons nous le, ça rend le tout à la fois excitant et périlleux pour un agrégateur.

Montréal bouge aussi

Les données régionales publiées aujourd’hui apportent de nouvelles informations sur l’Île de Montréal, sa banlieue, la région de Québec et le reste du Québec.

C’est particulièrement intéressant pour Projection 127 puisque son modèle ne se contente pas d’appliquer uniformément les intentions de vote provinciales aux 127 circonscriptions. Les tendances régionales sont confrontées au comportement historique propre à chaque circonscription afin de corriger les écarts qui apparaissent entre le portrait provincial et les réalités locales.

Les nouvelles données montrent notamment des mouvements importants dans la structure du vote montréalais. Sur l’Île, les nouvelles observations renforcent certaines différences entre le PLQ, QS et les autres formations, tandis que la banlieue montréalaise présente un équilibre sensiblement différent.

Ces mouvements pourraient devenir particulièrement importants dans les circonscriptions où quelques points seulement séparent les deux premières formations.

Trois sondages ne font pas une élection

Une journée comme celle-ci illustre aussi pourquoi une projection électorale doit rester… une projection.

Les sondages comportent une incertitude statistique, les sous-échantillons régionaux sont encore plus volatils et les différentes maisons utilisent des méthodes qui ne produisent pas nécessairement exactement les mêmes résultats.

L’intérêt d’un agrégateur n’est donc pas d’effacer ces différences, mais de les mettre en perspective.

Et aujourd’hui, les trois sondages nous envoient malgré tout un message assez cohérent : le PQ demeure en tête, la lutte PLQ–CAQ est extrêmement serrée, et plusieurs mouvements régionaux pourraient avoir davantage d’importance que les variations de quelques dixièmes observées à l’échelle nationale.

À mesure que la campagne avancera et que de nouvelles enquêtes seront publiées, ce sont justement ces tendances répétées — plutôt qu’un seul sondage — qui permettront de déterminer si les mouvements observés aujourd’hui deviennent de véritables tendances.

Maintenant, place à la séquence des débats!

13 septembre 2026

Lancement de Projection 127

Un modèle de projection ancré dans la réalité de chaque circonscription

Cet outil de projection électorale a été conçu avec un objectif simple : aller au-delà des intentions de vote provinciales pour tenter de comprendre comment celles-ci pourraient réellement se traduire dans chacune des 127 circonscriptions du Québec.

Une élection ne se déroule pas de façon uniforme sur l’ensemble du territoire. Un parti peut progresser fortement dans une région tout en demeurant relativement stable dans une autre. Certaines circonscriptions possèdent également une tradition politique bien établie, alors que d’autres réagissent beaucoup plus fortement aux mouvements de l’opinion publique.

Le modèle cherche donc à préserver cette réalité locale.


Une projection construite à partir de l'histoire électorale

Pour chaque circonscription, le modèle analyse les résultats des élections de 2012, 2014, 2018 et 2022 et mesure la performance locale de chaque parti par rapport à sa performance à l'échelle du Québec.

Les élections les plus récentes ont davantage de poids, permettant au modèle de tenir compte de l'évolution politique d'une circonscription sans effacer complètement son comportement historique.

Ces tendances locales sont ensuite combinées aux intentions de vote provinciales actuelles afin de produire une projection pour chacun des cinq principaux partis : le Parti québécois, le Parti libéral du Québec, la Coalition avenir Québec, Québec solidaire et le Parti conservateur du Québec.


Tenir compte des réalités régionales

Le Québec ne constitue évidemment pas un seul marché électoral.

Le modèle intègre donc également une composante régionale permettant d'adapter les mouvements provinciaux aux différentes dynamiques observées sur le territoire. Cette approche vise notamment à éviter qu'une hausse ou une baisse nationale soit automatiquement reproduite avec la même intensité dans toutes les circonscriptions.

Lorsque des données régionales suffisamment solides sont disponibles, elles peuvent ainsi contribuer à ajuster la projection tout en conservant l'historique propre à chaque circonscription.


Un modèle dynamique

Les projections sont recalculées lorsque les intentions de vote utilisées par le modèle évoluent. Les changements peuvent alors se répercuter différemment d'une circonscription à l'autre selon leur historique électoral et leur profil régional.

Le modèle peut également intégrer certains événements qui rendent les comparaisons historiques moins directes, notamment les élections partielles, les modifications à la carte électorale ou certaines situations locales particulières.

L'objectif n'est donc pas simplement de déterminer quel parti arrive premier au Québec, mais de modéliser où les mouvements de l'électorat pourraient réellement faire changer une circonscription de camp.


Une projection, pas une prédiction

Aucun modèle ne peut prévoir avec certitude le résultat d'une élection.

Les campagnes électorales, les candidats locaux, les enjeux régionaux, les événements politiques et les déplacements de l'opinion peuvent modifier rapidement la situation.

Cet outil doit donc être considéré comme une photographie de la situation électorale à partir des données actuellement disponibles.

Il permet surtout d'identifier les circonscriptions solidement acquises, celles qui deviennent compétitives et celles où quelques points de déplacement de l'électorat pourraient suffire à changer complètement l'issue de la course.

À mesure que de nouvelles données deviennent disponibles, le modèle évolue avec elles.

Parce qu'au Québec, une élection ne se gagne pas dans un sondage national. Elle se gagne, une circonscription à la fois.